LES DIFFERENTES FORMES DE DIVORCES

Les différentes catégories de divorces :

Il y a 2 sortes de divorce concernant la prononciation :
1 - Les prononciations directes.
2 - Les prononciations indirectes.

 

1/ La prononciation directe :

C’est la parole qui est prononcée de façon claire, sans aucun doute et qui après l’avoir prononcé on ne peut comprendre qu’une seule chose : Le divorce.
Ex : Dire « Tu es divorcée » ; « Je te divorce » ; « Je te répudie ». Ou toute autre chose qui est tirée du mot divorce.

Lorsque l’homme dit cela à sa femme, à partir de ce moment le divorce est prit en compte et même si cela est dit pour plaisanter et sans en avoir l’intention.

Selon Abu Hurayra , le prophète a dit : « Il y a 3 types de choses qui sont prises en compte même lorsqu’elles sont dites pour plaisanter : Le mariage, le divorce et la reprise. » (Hadith Hassan, Rapporté par Ibn Majah, Abu Dawud et At-Tirmidhi)

« Comme un Jid » : " Jid " signifie des paroles qui sont choisies et dont le sens est voulu même si la personne ne le voulait pas. Exemple : Lorsqu’un homme dit à un autre pour plaisanter : « Je te marie à ma fille » et que l’autre répond « j’accepte ». Les savants disent que le mariage est conclu.
De même lorsqu’un homme dit à sa femme pour plaisanter : « Aujourd’hui j’ai décidé de te divorcer », le divorce est prit en compte. De même si l’homme dit pour plaisanter à sa femme en période de 3idaa des mots comme « je te reprend » alors il doit la reprendre.

Le prophète a insisté sur cela pour dire que ce sont des sujets importants sur lesquels l’on ne plaisante pas.

Certains savants ont ajouté une quatrième chose sur laquelle il ne faut pas plaisanter qui est Al 3Itaq (Affranchissement d’un esclave), car dans un autre Hadith le prophète a dit concernant les 3 choses sur lesquelles il ne faut pas plaisanter : " Le mariage, le divorce et l’affranchissement d’un esclave. "

Attention : Si l’homme dit à sa femme sous l’emprise de la colère « je te divorce » cela ne compte pas car il y a un autre Hadith du prophète spécifique à cela.

2/ La prononciation indirecte = Al Kinaya :

C'est-à-dire des paroles que l’homme dit dans lesquels on peut comprendre le divorce, comme on peut comprendre autre chose que celui-ci. Ce sont des paroles ambigües.
Ex : L’homme qui dit à sa femme « Rentre chez toi » ; « retourne chez ta famille » ou toute autre parole qui peut laisser sous-entendre autre chose.

Concernant la prononciation indirecte, lorsque l’homme dit à sa femme « retourne chez ta mère » avec l’intention du divorce alors cela est considéré comme un divorce mais s’il n’en a pas l’intention alors cela n’est pas considéré comme tel. Deux hadiths viennent prouver cela :

- Avec intention de divorce :

Selon Aisha (رضي الله عنها) , lorsque le prophète s’est marié avec la fille de Al Ja3oun (رضي الله عنها) et a voulu consommer le mariage avec elle, elle lui a dit : « Je demande la protection d’Allah contre toi. » Le prophète a dit alors : « Tu as demandé la protection de celui qui est immense, retourne chez ta famille. » (Hadith rapporté par Al Boukhary wa An-Nassai)

« Je demande la protection d’Allah contre toi. » : Les savants disent qu’elle a dit cette parole car c’était la fille d’un roi et qu’elle a dit cela par dénigrement.
D’autres savants disent aussi que cette femme a dit cela au prophète car c’était un piège qui lui avait été tendu. Une femme lui dit de dire lorsqu’elle serait devant le prophète « Je demande la protection d’Allah contre toi » en lui faisant croire qu’il aimait entendre cela.
D’autres savants disent également que le prophète avait dit à cette femme : « Donne-toi à moi. » En générale la parole « Donne toi à moi » est dite pour les esclaves alors cette dernière s’est senti rabaissée et répondit « Je demande la protection d’Allah contre toi » au prophète .

« retourne chez ta famille » : Le prophète a dit cela pour la divorcer, on voit donc la preuve que celui qui dit cela de façon indirecte tout en ayant l’intention de divorcer alors le divorce est prit en compte.

Comment se fait-il qu’ici le prophète l’a divorcé en lui disant de rentrer chez sa famille sachant que lorsqu’un divorce est prononcé la femme doit rester auprès de son mari pendant la période de 3idaa ? Cela est du au fait que le mariage n’a pas été consommé. Donc lorsqu’un homme divorce d’une femme sans que le mariage n’ait été consommé alors il n’y a pas de 3idaa à respecter.

Allah a dit : « O vous les croyants lorsque vous vous mariez avec des croyantes puis que vous divorcez d’elles avant de les avoir touchées, vous n’avez pas de durée d’attente à respecter. »

- Sans intention de divorce :

Selon Ka'b Ibn Malik , lorsque le prophète l’a mit de coté (a fait al hajar), ainsi que 2 autres compagnons (رضي الله عنهما), car ils n’avaient pas assisté à la bataille de Taboûk sans raison valable, il a même envoyé un compagnon pour lui dire de s’abstenir de tout rapport avec sa femme. Ka'b Ibn Malik a dit : « Que dois-je faire ? Est-ce que je dois la divorcer ? ». Le prophète a dit : « Non, éloigne toi d’elle mais ne divorce pas. ». Ka'b Ibn Malik a dit à sa femme : « Retourne chez ta famille. »

" Al Hajar " : c'est le fait de s’éloigner d’une personne, de la mettre de côté, de ne plus prêter attention à elle. Al Hajar peut même aller jusqu'à ne plus passer le Salam. Les savants disent notamment que ceux qui appellent aux innovations doivent être isolés.
Le Prophète a fait al hajar sur ces 3 compagnons afin de montrer la gravité de cette chose. Il avait demandé aux autres compagnons de ne pas leur parler ainsi que de ne pas les inviter.

Nous voyons donc à travers ce deuxième Hadith que celui qui dit cela sans avoir l’intention de divorcer alors le divorce ne compte pas.

Concernant le Hadith : « L’autorisation la plus détestée chez Allah est le divorce », il s’agit ici d’un Hadith faible (Da’if).
De même que cet autre Hadith : « Mariez-vous, ne divorcez pas car le divorce fait trembler le trône d’Allah » est considéré comme Da’if Jidan (très faible) et il est interdit de l’attribuer au prophète . De plus nous pouvons voir le mensonge de ce Hadith puisqu’Allah a autorisé le divorce.

De même comment le prophète aurait-il pu dire cela puisqu’il a lui-même divorcé de Hafsa Bint Omar (رضي الله عنها) et que Djibril est venu le voir et lui a dit : « Tu as divorcé d’une femme qui prie la nuit et qui jeune beaucoup la journée. Reprends-la ». Et le prophète la reprise.

Les différentes sortes de divorce :

Il y a 2 sortes de divorce :
1 - le divorce direct sans condition.
2 - le divorce avec condition.

1/ Les divorces directs sans conditions :

Définition :
Celui dont les paroles émanent et qui a l’intention de divorcer sur le champ.
Ex : un mari qui dit « Tu es divorcée » à son épouse, là il n’y a pas de condition.

Le jugement de ce divorce :
Il est prit en compte de suite tant qu’il provient de celui qui a le pouvoir de divorcer c'est-à-dire : l’homme. Seul l’homme demande le divorce, comme l’a dit le prophète : « Ne demande le divorce que celui qui prend les mollets. »

« Celui qui prend les mollets » : C'est-à-dire les mollets de la femme.

L’homme qui demande le divorce doit :
- Savoir ce qu’il dit : par exemple un chinois disant à sa femme en français « je te divorce » sans même savoir la signification de ce qu’il dit et bien le divorce ne compte pas.
- Doit être sain d’esprit : Un homme qui est Majnoun s’il demande le divorce celui-ci ne sera pas accepté.
- Doit être consentent : C'est-à-dire que l’homme ne doit pas prononcer le divorce par pression ou par peur de représailles.

En Islam pour le divorce il n’est pas nécessaire d’aller voir un juge. A partir du moment où l’homme dit à sa femme « tu es divorcée », le divorce entre en compte.

2/ Le divorce avec conditions :

Définition :
Lorsqu’un homme divorce de sa femme en donnant une condition comme le fait de dire « Si tu vas à tel endroit tu es divorcée ».

Le jugement de ce divorce :

Si l’homme voulait vraiment le divorce au moment où il cite cette condition alors il s’agira d’un divorce si son épouse se rend à cet endroit. Mais s’il n’avait pas l’intention du divorce et qu’il a dit cela simplement pour lui faire peur ou l’interdire d’aller à tel endroit, dans ce cas cela est considéré comme un juron si son épouse lui désobéit en y allant et il doit faire l’expiation qui s’en suit. Cependant si son épouse lui obéit et qu’elle ne s’y rend pas alors il n’aura rien à faire.

Le divorce sous condition dépend donc de l’intention que l’homme met dans ses paroles au moment où il les dit.

Le divorce se divise également en deux catégories :


- Le divorce conforme à la Sunna du prophète
- Le divorce innové

Le divorce conforme à la Sunna :

Définition :

C’est lorsque l’homme divorce une seule fois dans une période ou sa femme est pure et dans laquelle l’homme n’a pas eu de rapports avec elle.
« L’homme divorce une fois » : C'est-à-dire que l’homme prononce la formule de divorce qu’une seule fois.
« Où sa femme est pure » : Signifie qu’elle n’est pas en période de menstrues.

Allah dit : « Le divorce (réconciliable) est permis pour seulement deux fois. Alors, c’est soit la reprise conformément à la bienséance, ou la libération avec gentillesse. » (sourate Al Baqara, v. 229)

Allah dit aussi : « Ô Prophète! Quand vous répudiez les femmes, répudiez-les conformément à leur période d’attente prescrite. » (sourate At-Talâq, v.1)

Le prophète a expliqué ce verset en disant que « conformément à leur période d’attente » signifie dans une période de pureté dans laquelle les hommes n’ont pas eu de rapports avec leurs épouses.

Le prophète a également expliqué ce verset lorsqu’Ibn ‘Omar a divorcé de sa femme alors qu’elle avait ces menstrues. Et ‘Omar ibn Al Khattab qui est le père d‘Abdullah ibn Omar a demandé au prophète et ce dernier a dit : « Ordonne lui de la récupérer, puis qu’il la garde jusqu'à ce qu’elle se purifie, puis qu’elle ait ses menstrues puis qu’elle devienne pure et ensuite il a le choix soit de la garder ou soit de la divorcer avant d’avoir des rapports avec elle. Et c’est dans cette période qu’Allah a ordonné qu’on divorce des femmes. » (Hadith authentique rapporté par Al Bukhary, Mouslim, abou Dawoud et An-Nassa-i)

Dans ce Hadith nous voyons donc qu’Abdullah ibn Omar a divorcé de sa femme alors qu’elle était en état de menstrues, et Omar Ibn al Khattab a questionné le prophète sur ce fait. Le prophète suite à cela lui a ordonné de la récupérer.

On retient que l’homme :

- qui divorce de sa femme alors qu’elle a ses menstrues doit la récupérer.
- doit la garder jusqu'à ce qu’elle soit pure.
- doit attendre que les prochaines menstrues arrivent
- doit attendre que ses deuxièmes menstrues arrivent à terme et qu’elle soit pure.
- puis s’il veut il garde sa femme ou s’il veut il divorce avant d’avoir des rapports avec elle car s’il divorce d’elle en ayant eu des rapports avec, il aura divorcé dans une période ou la femme sera pure mais dans laquelle il aura eu des rapports.

C’est donc dans cette période qu’Allah a ordonné aux hommes de divorcer de leurs femmes s’ils désirent.

Nous pouvons déduire plusieurs choses de ce Hadith :

1 - L'autorisation de demander à un savant sur les péchés d’autrui : à condition que cette demande soit faite pour conseiller la personne. Ainsi il n’y a pas de mal à dire par exemple « telle personne a fait un péché, que me conseillez-vous ? ». Mais cela ne doit nullement être fait pour divulguer les péchés d’autrui ou pour montrer les défauts des gens. Ceci est interdit en Islam.

2 - L'autorisation de léguer quelqu’un pour transmettre un jugement juridique : Comme l’a fait le prophète à Omar Ibn Al Khattab pour qu’il transmette par la suite le message à Ibn ‘Omar .

3 - La sunna du prophète vient expliquer le Coran : Dans ce Hadith le prophète a expliqué la parole d’Allah : « Divorcez d’elles pendant leur période »

Le divorce innové :

En Islam toute innovation est un égarement ! Le prophète dit : « Toute innovation est un égarement et tout égarement mène au feu. »

Le divorce innové est le divorce qui comporte des contradictions avec la législation musulmane, comme le fait :
- de divorcer de sa femme lorsqu’elle a ses menstrues.
- de divorcer d’avec sa femme dans une période ou elle est pure mais dans laquelle il a eu des rapports avec elle.
- de divorcer d’elle 3 fois en prononçant qu’une seule parole ou de le dire dans une même assise comme le fait de dire « Je te divorce 3 fois » ; « je te divorce, je te divorce, je te divorce » etc.

Ce type de divorce est interdit en Islam et celui qui le prononce à commit un péché et encoure un châtiment.

Celui qui divorce de son épouse alors qu’elle a ses menstrues, le divorce est prononcé donc cela est comptabilisé comme un divorce. S’il s’agit d’un divorce ou il y a un retour possible, c'est-à-dire le premier ou second divorce, il doit récupérer sa femme jusqu'à ce qu’elle se purifie, puis qu’elle ait de nouveau ses menstrues et qu’elle se re-purifie.

S’il la divorce avant d’avoir eu des rapports mais que par la suite il en a avec elle durant la période de 3idaa alors ceci est considéré comme une raja3a (reprise).

La preuve que ce divorce est comptabilisé est ce qui est rapporté par Al Bukhary selon Saïd Ibn Jubair et selon Abdullah ibn Omar qui a dit : « Elle m’a été comptabilité comme un divorce ».

Ibn Hajar dit dans son Livre « Al Fath » ou il explique Sahih Al Bukhary, que le prophète a ordonné à Abdullah ibn Omar de reprendre sa femme et c’est également lui qui lui a montré quoi faire par la suite s’il désirait divorcer d’elle. Abdullah Ibn Omar a informé lui-même que cela était comptabilisé comme un divorce or il ne pouvait pas être informé de quelque chose à son insu mais s’il a dit cela c’est que le prophète le lui a enseigné.

Dans d’autres versions le prophète était énervé par cet acte d’Abdullah ibn Omar lorsqu’il a divorcé de son épouse alors qu’elle avait ses menstrues, il a donc montré les démarches à suivre pour réparer cette erreur. Et Lorsqu’Abdullah ibn Omar a dit : « Elle m’a été comptabilité comme un divorce » c’est que c’est le prophète lui-même qui a comptabilisé cela comme tel.

Ibn Hajar apporte une autre version de ce Hadith dans son Mousnad où le prophète a dit à Omar lorsqu’il était venu l’interroger au sujet de l’acte fait par son fils, : « c’est la première ». (Hadith authentifié par Sheykh Al Albany RahimahuLlah, Hadith également rapporté par Adaraqoutni)

« C’est la première » : Cela est dit dans le sens ou il s’agit d’un divorce.

Ibn Hajar dit à propos de ce Hadith qu’il est authentique dans un sujet de divergence. Donc lorsque l’on trouve des Hadith authentiques dans des sujets de divergence il faut retourner aux Ahadith, se cramponner à eux et les mettre en pratique.

La divergence quant à ce Hadith vient du terme « qu’il l’a récupère ».

Les deux avis sont :


1 - Qu’il faut récupérer la femme dans le sens juridique c'est-à-dire de la récupérer d’un divorce.

2 - Et ceux qui ne comptabilisent pas cela comme un divorce notamment des savants contemporains comme Cheykh Utheimine mais aussi Cheykh Ibn Taymiyya disent qu’il faut comprendre cela au sens littéraire, c'est-à-dire que l’homme doit récupérer sa femme, attendre qu’elle soit purifiée puis qu’il attende qu’elle ait ses menstrues et qu’elle se re-purifie pour ensuite s’il le désire divorcer ou non.

Mais l’avis de la plupart des savants est que le divorce est comptabilisé.

CHAPITRE DU DIVORCE FAIT A 3 REPRISES :

Quant au divorce dit à 3 reprises dans une seule phrase ou dans une même assise, l’avis le plus sûr des savants est que cela est comptabilisé comme un seul divorce et non comme 3.

La preuve est le hadith de Abdullah ibn ‘Abbas qui dit : « Pendant la période ou Abu Bakr a été le gouverneur des musulmans, après la mort du prophète et durant les 2 premières années du Kalif d’Omar Ibn Al Khattab , le divorce qui était prononcé à 3 reprises dans une seule phrase ou dans une même assise était considéré comme 1 divorce. Et Omar Ibn Al Khattab a dit : « les gens se précipitaient dans une chose ou ils savaient qu’il y avait un retour ». Omar Ibn Al Khattab en voyant l’ampleur de cela et le fait que les gens divorçaient en prononçant un divorce innové a dit : « Et si nous leur imposions cela ? » il a alors imposé cela aux hommes. » (Rapporté par Mouslim)

« Où Abou Bakr a été le gouverneur des musulmans » : Cette période était de 2 ans et 1 mois.

« Les gens se précipitaient dans une chose ou ils savaient qu’il y avait un retour » : autrement dit à cette époque les hommes disaient souvent 3 fois de suite à leur femme « je te divorce, je te divorce, je te divorce » car ils savaient que cela n’était considéré que comme 1 seul divorce.

« Et si nous leur imposions cela » : c'est-à-dire « et si nous leur imposions cela comme 3 divorces ? »

Est-ce une erreur d’Omar Ibn Al Khattab ? Non car il a jugé selon la situation qui était présente à son époque. Le juge a le droit d’instaurer des règles pour minimiser un mal ou pour augmenter un bien.

Ex : lorsque toutes les Zakats sont acquittées mais qu’elles ne suffisent pas et qu’une famine s’installe alors il est autorisé au gouverneur de demander plus car cela réduira le mal et augmentera le bien.

Le prophète nous a dit : « accrochez-vous à ma sunna et celle des kalifes bien guides »

« Celle des kalifes bien guides » : Ils sont au nombre de 4 : Abu Bakr, Omar ibn al Khattab, Uthman ibn Affan et ‘Ali Ibn Abi Talib (رضي الله عنهم).
Donc les choses qu’ils mettent en pratique et qu’ils instaurent sont des sounnan de leur part que le prophète nous a encouragé voir ordonné de suivre.

L’avis d’Omar est un effort de sa part et le but d’avoir instauré cela est pour un bien qu’il a jugé bon et juste d’instauré. Et il n’est pas autorisé malgré cette légifération d’Omar de délaisser ce qui était connu au temps du prophète et au temps du Kalifa de Abu Bakr et durant les 2 premières années d’Omar ibn Al Khattab .

Jugement du divorce qui est dit 3 fois dans une même parole ou dans une même assise :

La plupart des savants considèrent qu’il est comptabilisé comme 3 divorces, parmi eux les 4 imams (Malik, Abu Hanifa, Chafi’i et Ahmad).

Mais comme l’a dit l’auteur, l’avis le plus sûr, wa Allahu a’llem, est qu’il n’est considéré que comme un seul. C’est l’avis notamment de plusieurs savants et compagnons comme Abu Mousa Al Achari , Abdoullah Ibn Abbas, Abdoullah ibn Massa’oud, Abdourrahmane ibn Awf mais également Sheykh Al Islam Ibn Taymiyya de même que son élève Ibn Al Qayyim al Jawziyya.

Sheykh Al Islam ibn Taymiyya a même été persécuté à cause de cette Fatwa, a été en prison pour cela car il avait prit en compte le Hadith d’Abdullah ibn ‘Abbas rapporté dans Sahih Mouslim vu précédemment. Sheykh Al Islam ibn Taymiyya a subit cela car il était en totale contradiction avec le gouverneur de son époque qui lui jugeait que cela était considéré comme 3 divorces.

Quant à son élève Ibn Al Qayyim al Jawziyya, pour être humilié, il a été mis sur un chameau en faisant le tour de la ville afin d’être pointé du doigt.

Cheykh Al Albany considère également cela comme un seul divorce et a dit qu’Omar Ibn Al Khattab a fait cela en fonction de la situation de son époque.

Le divorce avec ou sans possibilité de retour :

Le divorce sans retour :

Le divorce sans retour, appelé en arabe « Al Ba-in » se divise en deux :

1 - La petite séparation :

- Soit lorsqu’un homme divorce de sa femme alors que le mariage n’a pas été consommé. Il a le droit de la récupérer mais s'il veut la reprendre il doit refaire un nouvel acte de mariage.
- Soit lorsque la femme demande Al Khu3l, sa 3idaa est d’une menstrues et pour qu'elle revienne l’acte de mariage doit être refait.

2 - La grande séparation :

C’est le fait qu’un homme, après qu’il y ait eu 3 divorces, ne puisse récupérer sa femme qu’une fois qu’elle s’est mariée, d’un mariage sincère, avec un autre homme et après avoir consommé le mariage avec ce dernier.

Le divorce avec retour (premier ou deuxième divorce) :

Définition :

C’est le fait de divorcer d’une femme avec qui le mariage a été consommé sans compensation financière, car lorsqu’il y a une compensation financière cela est appelé « Al Khu3l ».
Il n’est également pas précédé d’un divorce, ou alors que d’un seul.
Le divorce avec retour concerne l’homme qui divorce de sa femme une ou deux fois.


Il a le droit de la récupérer :

- soit pendant sa période de 3idaa, dans ce cas le mariage n’a pas besoin d’être refait.
- soit après la période de 3idaa dans ce cas l'acte de mariage doit être refait.

La preuve de ce divorce est la parole d'Allah qui dit : « Le divorce (réconciliable) est permis pour seulement deux fois. Alors, c’est soit la reprise conformément à la bienséance, ou la libération avec gentillesse. » (sourate Al Baqara, v. 229)

Durant ce divorce la femme est toujours considérée comme l’épouse de l’homme tant qu’elle est dans la période de 3idaa. L’homme a le droit de la reprendre au moment ou il le désire même si la femme ou son tuteur ne sont pas d’accord.

Allah a dit : « Et les femmes divorcées doivent observer un délai d’attente de trois menstrues;(3) et il ne leur est pas permis de taire ce qu’Allah a créé dans leurs ventres, si elles croient en Allah et au Jour dernier. Et leurs époux seront plus en droit de les reprendre pendant cette période, s’ils veulent la réconciliation. » (sourate Al Baqara, v. 228)

« Il ne leur est pas permis de cacher ce qu’Allah a créé dans leur ventre » : autrement dit si elle est enceinte elle ne doit pas cacher sa grossesse.

Un homme a également le droit de divorcer sa femme même si elle est enceinte par contre sa 3idaa sera jusqu’à la fin de son accouchement.
Comme les savants disent : « Il n’y a pas de divorce innové concernant la femme enceinte ».

Donc le fait que l’homme ait le droit de récupérer sa femme à tout moment durant la période de 3idaa est un droit qu’Allah leur a donné.

Les autres types de divorce :

Il existe d’autres types de divorces que l’auteur n’a pas cité notamment :

1 - Le divorce de celui qui divorce avant même d’être marié :

Ex : une personne dit : « je divorcerais avec toutes les femmes avec qui je me marierais. »

Le jugement de ce divorce est qu’il n’est pas prit en compte ! Il n’est pas légiféré car le mariage n’a pas été conclu. Le prophète a dit dans un Hadith : « Et il n’y a pas de divorce dans ce que tu ne possèdes pas ». Autrement il ne peut pas y avoir de divorce s’il n’y a pas de mariage !

Allah dit aussi : « O vous les croyants lorsque vous vous mariez avec des croyantes puis que vous divorcez » Allah atteste donc qu’il y a d’abord un mariage et il faut qu’il soit conclu pour que le divorce soit valide.

2 - Le divorce fait à l’écrit :

Ex : un homme qui écrit à sa femme « je te divorce ».
Le jugement de ce divorce est qu’il est considéré comme Al Kinaya comme le disent les savants. Ainsi il rentre dans le divorce fait d’une façon ambiguë. Ce qui comptera alors, ce sera l’intention.

3 - Le divorce en état de colère :

Concernant l’état de colère, les savants le divisent en 3 :
1. Le début de la colère.
2. L’état entre la colère et le calme.
3. La grande colère qui fait que la personne ne sait plus ce qu’elle dit.

Concernant le premier état les savants sont unanimes quant au fait que le divorce est prononcé et ils sont unanimes également en ce qui concerne le troisième état quant au fait qu’il n’est pas prononcé.
Pour ce qui est de l’état intermédiaire, il y a une divergence. Certains disent qu’il est prononcé car l’homme sait ce qu’il dit mais la plupart disent, et Allahu a’llem il s’agit de l’avis le plus sur, c’est qu’il n’est pas prononcé car le prophète dit : « Il n’y a pas de divorce lorsque la personne est enfermée ». Et une personne qui est en dispute avec son épouse est dans un état qui favorise le divorce.
Mais il y a aussi la preuve : « Que le juge ne prononce pas de sentence lorsqu’il est énervé » Car le fait d’être dans un état d’énervement restreint la faculté de réfléchir. Certes on sait ce que l’on dit mais l’état d’énervement réduit At-Tafkir.